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Côte d'Ivoire - Gabon (suite) : Deux pays producteurs de pétrole au défi de la transition écologique

Posté par Christian Gambotti, le 22 avril 2024


 

Par le Pr Christian Gambotti - Agrégé de l’Université, Président du think tank Afrique & Partage, Président du CERAD (Centre d’Études et de Recherches sur l’Afrique de Demain), Directeur général de l’Université de l’Atlantique (Abidjan), Chroniqueur, essayiste, politologue. Contact email : cg@afriquepartage.org

À côté de l’énergie solaire, il faut ajouter, dans la production d’une énergie propre, l’alternative, aux quatre centrales thermiques existantes, que représentent les sept barrages hydroélectriques en service. De nombreux barrages sont en projet ou déjà en construction, comme celui de Gribo-Popoli (sud-ouest), qui devrait être inauguré en juin. L’utilisation de la biomasse est prévue avec, à Aboisso, dans le sud-est, la construction d’une centrale alimentée par les résidus de palmiers à huile. Des projets pour le réemploi des tiges de coton à Boundiali ou des cabosses de cacao à Gagnoa sont actuellement à l’étude. Dans le cadre du projet ENER-CI, des chercheurs ont montré que les parties nord-ouest, l’est et la zone côtière de la Côte d’Ivoire sont propices au développement des énergies solaires et éoliennes. Le projet ENER CI prévoit la création d’un service climatique dédié aux énergies solaire et éolienne en Côte d’Ivoire. Ce service est conçu comme un outil d’aide à la prise de décisions dans la décentralisation des sources de production énergétique. Accélérer la transition énergétique sans pour autant renoncer à exploiter les gisements d’hydrocarbures découverts ces dernières années aux larges des côtes ivoiriennes, tel est le défi que doit relever le gouvernement ivoirien.

Relancer l’industrie pétrolière sans renoncer à préserver la forêt gabonaise et les richesses de sa biodiversité, tel est le défi que doit relever le Général Oligui Nguema. Le Président de la Transition gabonaise s’est exprimé clairement à la Tribune de la COP 28 : l’urgence climatique, dont les dirigeants africains ont parfaitement conscience, ne doit pas faire oublier les besoins des populations, avides de croissance et de consommation. Les énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, sont par nature intermittentes, elles ne peuvent pas couvrir l’ensemble des besoins énergétiques pour assurer le développement économique et social des Etats dans une Afrique qui subit pourtant de fortes pressions pour qu’elle renonce à exploiter ses énergies fossiles. Ce discours, qui vient des pays riches, n’est pas tenable. Pour des raisons largement documentées, l’Afrique est encore loin de pouvoir sauter l’étape des énergies fossiles pour devenir l’Eldorado des énergies renouvelables.

Le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, lors du « Sommet des Trois Bassins » qui s’est tenu à Brazzaville, en octobre 2023, s’est adressé en ces termes à la communauté internationale : « notre pays a fait de ces enjeux environnementaux la priorité de son agenda diplomatique en s’inscrivant dans une dynamique de préservation du patrimoine naturel, de prospérité économique et de bien-être social, qui sont les trois piliers du développement durable. (…) Le Gabon estime que l’heure est arrivée pour la communauté internationale de soutenir en retour ses efforts ». Oligui Nguema ne sépare jamais l’obligation de son pays qui est de répondre à l’urgence climatique de l’obligation qui est la sienne, en tant que chef d’Etat, d’assurer la prospérité économique et le bien-être social des Gabonais. Peut-il agir seul ? Evidemment, non. D’où son message : « L’heure est arrivée pour la communauté internationale de soutenir en retour » les efforts du Gabon. Mais, les financements tardent à arriver.

De 2020 à 2030, l’estimation du financement nécessaire dont les pays africains ont besoin afin de répondre à l’urgence climatique est d’environ 2 800 milliards de dollars américains, ce qui représente plus de 93% du PIB de l’Afrique. Leur économie étant fragile et leurs recettes fiscales insuffisantes, les États africains ne peuvent contribuer qu’à hauteur de 10% du coût total estimé pour préserver l’environnement. La communauté internationale des donateurs et du secteur privé devrait apporter les 2 500 milliards de dollars qui manquent. Mais, dans un passé récent, les pays développés se sont avérés incapables d’atteindre l’objectif de financement climatique de 100 milliards de dollars par an qui était prévu jusqu’en 2020. Qui peut s’arroger, dans la communauté internationale, le droit de demander aux États africains de renoncer à exploiter leurs énergies fossiles ?

(Fin)

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